STORY FROM INDONESIA
Featured on Native Planet

A Non-Profit Organization

 

When Nature Calls in Foreign Lands

Copyright 1999 -- story by Jean-Philippe Soule

 

Old French Translation:

L'appel  de la nature !

25 août 1999, Jean-Philippe Soulé

Vous êtes en Thaïlande, pays réputé pour ses plages de sable blanc, ses falaises abruptes de calcaire entourées de forêts tropicales luxuriantes et d'eaux tièdes couleur turquoise. De très bons amis vous ont invité à participer à leur traversée de la baie de Phang Nga qui est devenue le paradis des kayakistes. Vous venez de passer de bons moments dans la station balnéaire de Krabi sur l'île de Koh Phi Phi. La journée finit avec un beau coucher de soleil orangé qui se reflète sur l'eau. Seuls les coups de pagaie troublent les eaux calmes sur lesquelles vous naviguez. Vous vous croyez au paradis lorsque vous commencez à ressentir des mouvements étranges dans votre estomac. Vous n'y pensez plus, mais quelques secondes plus tard ces crampes se font plus fortes et vous avez plus de mal à pagayer. Vous vous rappelez les délicieux plats épicés de la veille ... et sans plus avoir le choix, vous plongez dans l'eau...

Ce scénario n'est pas difficile à imaginer; la plupart des voyageurs ont vécu ce genre d'histoire. Et les gens me demandent souvent: " Que fais-tu quand tu dois aller aux toilettes?" ou "Comment peux-tu garder du papier toilette sec dans ton kayak?", ou encore "Combien prends-tu de rouleaux lorsque tu pars un mois à l'aventure?".

J'imagine que de grands explorateurs ou navigateurs comme Livingstone ou le capitaine Cook auraient répondu avec de grands silences; en effet aucun des grands écrivains voyageurs classiques ou contemporains n'a traité ce sujet. Comme ce n'est pas dû au manque d'intérêt du public, cela doit venir du tabou, tabou que j'aimerais casser aujourd'hui. Mais je me demande si les personnes qui sont assez curieuses pour poser la question sont prêtes à écouter les réponses!? Et si les gens qui n'ont jamais demandé sont prêts à comprendre? Il est difficile de laisser de côté ses habitudes culturelles et son éducation.

Au cours de l'un de mes premiers voyages, j'ai rencontré un couple de Britanniques, c'était en Thaïlande. Ils venaient de passer un an en Inde et me racontaient des histoires fantastiques. La discussion est arrivée au sujet des besoins naturels. Choqué et horrifié, j'écoutais cette charmante jeune femme me dire : "maintenant je suis habituée à utiliser ma main gauche et je n'utilise plus de papier toilette. On se sent tellement plus propre avec de l'eau." Même si plus de la moitié de la population de la planète n'a jamais utilisé de papier toilette, mon éducation et mon esprit fermé m'empêchaient de concevoir qu'elle puisse avoir raison.

 Mes voyages suivants m'ont entraîné dans divers endroits à travers le monde, et j'ai appris qu'un tabou dans une culture peut être une norme dans une autre. Un plat raffiné dans un pays peut être considéré comme étant immangeable ailleurs. Nous pensons tous différemment, mais nous sommes surtout fortement influencés par notre éducation et les habitudes sociales. Et il semble très difficile, pour ne pas dire impossible, de différencier le bon du mauvais. Il n'existe pas de cultures qui ont tort et d'autres qui ont raison, elles sont tout simplement toutes différentes; mais il m'arrive de me demander ce qui est le plus absurde: nos complexes ou certaines coutumes étrangères?

 L'éducation commence en effet très jeune. Au Népal, les enfants Sherpa sont vêtus de pantalons avec une braguette non cousue. Quand ils s'accroupissent, leurs pantalons s'ouvrent automatiquement et le jeune enfant n'a besoin d'aucune aide. Bien sûr, les enfants Sherpa passent la plupart de leur temps dehors et les sols des maisons sont en terre ce qui les rend plus faciles à nettoyer que les tapis persans! Dans les pays modernes, les bébés bénéficient des dernières recherches technologiques dans le domaine des couches. Les modèles les plus récents disposent d'un élastique entièrement hermétique qui laisse le bébé mariner dans ses excrétions pendant des heures. Je me demande quelle est la méthode la plus propre ! (Au moins, nous -les occidentaux- sommes experts pour cacher les désastres naturels le plus longtemps possible!). Notre phobie des matières fécales provient peut-être de réactions à des situations qui se sont produites lorsque nous étions très jeunes. Il est compréhensible qu'après avoir passé des heures assis à jouer, lorsque nous étions bébés, enveloppés dans une couche remplie, nous développions une hypersensibilité à ce sujet! Cela expliquerait l'existence du papier toilette triple épaisseur parfumé ... et je ne serais pas étonné de voir apparaître un papier à cinq épaisseurs parfumé aux fruits tropicaux !

 Lorsqu'ils grandissent les chiots apprennent à être propres; nous apprenons aussi à nous retenir avant d'arriver à l'endroit "spécial". La plupart des langues décrivent cet endroit comme une toilette hygiénique, mais certaines ne paraissent pas propres aux yeux des autres. Dans les petits villages indonésiens de pêcheurs, un ponton étroit au-dessus de l'eau vous amène vers un petit espace entouré de planches. Si vous baissez les yeux dans le trou, vous verrez les crabes et les poissons qui attendent d'être nourris. Sur le côté il y a des vieilles coquilles de noix de coco. Je n'ai jamais utilisé ces coquilles, mais j'imagine que c'est à peu près la même chose que d'utiliser du papier de verre.

 En Chine, vous vous accroupissez dans une salle commune dotée de tubes. De ces tubes sortent d'étranges grognements. En y regardant de plus près, vous découvrirez le groin d'un cochon attendant impatiemment à l'autre bout ! Dans certains villages africains, les rues sont nettoyées par des vautours; il arrive qu'ils s'approchent avant même que vous n'ayez fini, effleurant presque votre postérieur! Si vous prenez un taxi dans la zone la plus pauvre de Katmandou, la capitale du Népal, vous jouirez d'une vue étonnante : des douzaines de paires de fesses accroupies au bord du fossé de la route.

 Dans d'autres lieux, les gens utilisent des pierres, ou des feuilles provenant de plantes diverses, mais la plupart des gens utilisent de l'eau. Le papier toilette est une invention des pays modernes qui évolue tous les jours. Vous pouvez choisir simple, double ou triple épaisseurs ainsi que la couleur du papier, avec ou sans dessins, et même la douceur et l'odeur (rose, violette...). Je ne sais pas si un si grand choix est sensé vous faire sentir mieux ou si c'est seulement pour que vous puissiez accorder le papier toilette à votre humeur, mais cela devrait peut-être être commercialisé en Amérique Latine. Là-bas le papier toilette est communément utilisé, mais les plomberies sanitaires sont trop étroites... Il y a donc des petites poubelles en plastique dans lesquelles vous jetez le papier usagé pour le plaisir olfactif et visuel de la personne qui vient après vous. Bien sûr, encore faut-il qu'il y ait du papier, chose qu'il vous faudra peut être rappeler quelques fois dans l'hôtel où vous vous trouvez. Tout ceci me fait dire qu'après tout, peut être que cette jeune femme britannique n'avait pas totalement tort.

 La chose la plus absurde que j'ai vue à ce sujet fut il y a quelques années à San Francisco. Je courais tôt un matin d'hiver lorsque j'aperçus une vieille femme promenant son petit caniche habillé avec une veste en laine tricotée à la main. Après que le chien eut fait ses besoins sur le trottoir, la dame prit son chien sous le bras et ouvrit son sac à main. Je m'attendais à ce qu'elle sorte un sac pour nettoyer le trottoir, comme toute bonne américaine l'aurait fait. Au lieu de cela, elle a sorti des mouchoirs, a soulevé la queue de son chien et l'a soigneusement nettoyé. Elle a répété l'opération plusieurs fois, a reposé le chien sur ses pattes et a nonchalamment jeté les mouchoirs usagers dans la rue tout en repartant. Je suis resté planté là un bon moment en me demandant si ce chien était le plus propre ou le plus sale de la ville!

Comme tous les équipements, les toilettes modernes sont construites selon des normes complexes. Aux USA (et de plus en plus en France!), les protections des cuvettes en papier plastifié jetable ont été récemment remplacées par un emballage en plastique rotatif actionné électriquement au moyen d'un bouton judicieusement situé. Les gens ne rentrent en contact avec aucune partie que la personne précédente ait touchée. En France, les toilettes publiques payantes se nettoient automatiquement. Mais il faut sortir vite après avoir actionné la porte la deuxième fois sinon vous risquez d'être vous aussi désinfecté et nettoyé ! Une fois que vous avez utilisé ces toilettes et refermé la porte, en plus de la chasse d'eau standard, la cabine entière est nettoyée avec des jets. Mais si vous trouvez que les couloirs du métro de Paris sentent fort l'urine, ce n'est pas dû à une fuite de toilettes modernes : les SDF ne peuvent tout simplement pas s'accorder le luxe d'utiliser les toilettes payantes.

 Les toilettes publiques japonaises sont à la pointe de la technologie et entièrement gratuites. Dans les régions froides, les cuvettes sont même chauffées ! Les toilettes sont de véritable tableaux de bord. Il faut pouvoir lire le japonais pour se rendre compte de toutes leurs possibilités; mais vous pouvez vous amuser en en essayant quelques-unes tout seul. L'une des caractéristiques la plus utilisée est la "bande sonore". En appuyant sur un bouton, vous pouvez obtenir un bruit de chasse d'eau qui couvrira le bruit de vos excrétions. Cette option est importante, sans elle, les autres pourraient savoir tellement de chose sur ce que vous êtes en train de faire...

 On dirait que plus un pays est moderne, plus ses habitants sont gênés par les choses les plus naturelles.

 Encore une fois, cette gêne est liée à l'éducation et aux habitudes sociales et il n'est pas facile de s'en défaire. Lorsque vous voyagez, il peut arriver des choses qui secoueraient même la personne la plus imperturbable. Lors d'un trek en solitaire dans la jungle d'Irian Jaya, avec ma longue barbe, j'étais encore plus une curiosité pour les petits Papous qu'ils ne l'étaient pour moi. Les Danis et Yalis croient qu'un homme avec une longue barbe est un grand esprit. Avec leur dague de verrat entre les deux narines et leur cache sexe, ils suivaient mes moindres gestes. Je mangeais et dormais sous le regard de plusieurs dizaines de personnes. Au bout d'une quinzaine de jours, je m'y étais habitué. Mais une fois, je me suis retrouvé dans un village où personne ne parlait un mot d'indonésien. La moitié du village me suivait de si près que j'en devenais claustrophobe. Lorsque j'eus une envie pressante, j'essayai de la communiquer, afin de pouvoir être seul, mais il n'y avait rien à faire. Après avoir essayé de m'échapper pendant une heure, je me suis résolu à m'accroupir derrière un petit buisson avec toutes ces personnes autour de moi attendant de voir si l'excrément du grand blanc était similaire au leur. Je me rappelle avoir été très gêné, mais j'avais évité d'être malade. Cela aura peut être détruit leur image du grand esprit à longue barbe!

 La plupart des voyageurs craignent la maladie pour de bonnes raisons, car beaucoup d'entre nous finissent par être malades. Cela va des diarrhées à des dysenteries plus ou moins graves. A Katmandou, j'ai perdu 10 kilos en deux semaines. Une autre fois, en Indonésie, je me suis trouvé bien embarassé. J'étais dans un bus qui effectuait la traversée de la grande île de Flores, sur une route qui grimpait beaucoup. Le bus était vraiment très en retard. J'étais assis au dernier rang, en me tenant le ventre. Les crampes devinrent insoutenables, et lorsque je compris que je ne pouvais plus tenir j'ai discrètement demandé à mon voisin de faire arrêter le bus immédiatement. "Hé le touriste est malade, arrêtez le bus", a-t-il crié ! Avant même que le conducteur appuie sur le frein, cinquante têtes se sont retournées vers moi en me fixant. Le bus s'est arrêté, la porte arrière s'est ouverte et je suis resté sur la route car je n'ai pas pu me retenir plus de quelques mètres. Tout le monde est sorti pour pisser, formant un demi-cercle autour de moi.  Ce fut une autre expérience difficile à supporter, mais pour eux cela ne semblait en rien extraordinaire. J'apprenais petit à petit à mettre mes complexes de côté, mais c'était très difficile.

 Ces situations n'arrivent pas toujours devant des inconnus. Il y a quelques temps, lorsque Luke et moi étions en train de pagayer entre Belize et le Guatemala, j'ai dû me jeter à l'eau trois fois. Nous étions en plein milieu d'une tempête, la mer était très agitée, et j'avais besoin de Luke pour qu'il stabilise mon kayak, pendant que je le tenais d'une seule main. Croyez-vous que je lui ai demandé du PQ ?

 Pour mieux comprendre les "conditions sanitaires" d'une grande expédition, il est nécessaire de bien connaître les différences culturelles qui vous séparent des populations que vous allez rencontrer. Ce dont vous avez besoin d'emporter dépend de vos besoins ainsi que de votre capacité à vous adapter. Il se peut que vous finissiez par échanger du PQ contre du produit anti-insecte, car il arrive que lorsque vous allez faire vos besoins, votre peau soit exposée à des piqûres plutôt douloureuses!!!

Un jour, vous serez peut être à cours de PQ ou alors il sera mouillé. Il vous faudra alors essayer des méthodes que vous n'auriez jamais acceptées dans d'autres conditions, et vous vous rendrez peut être compte que vous vous trompiez sur l'un des actes les plus naturels. Et même que cette jeune femme britannique avait raison. L'EAU EST BIEN PLUS PROPRE.


Désolé, pas de photo pour cette histoire !

Thailand is famous for its white sand beaches, plunging cliffs of limestone surrounded by lush rainforests and warm turquoise water. The bay of Phang Nga has quickly become a kayaker’s paradise. Your best friends invite you to join them on their paddling trip around the bay. You’re now paddling the longest stretch from the resort of Krabi to the famous island of Koh Phi Phi. The day breaks with the sun reflecting its orange beams of light in the water. The only ripples are the ones from your paddle strokes. You think you’re in paradise when you start feeling strange movements in your bowels. You shut your mind to it but soon stomach cramps alter your paddling. You remember the delicious spicy food of the previous night and have no choice but to jump in the water…

It isn’t difficult to imagine this scenario. Most travelers and adventurers have had experiences similar to this. People often ask me, "What do you do when you need to go to the bathroom?" or, "How do you keep your toilet paper dry in your kayak?" even, "How much paper do you pack for a month in the wilderness?" I wonder if the people who are curious enough to ask are ready to accept the answers? Education and cultural habits are hard to let go of. I would think that famous explorers such as Livingston or large crews like that of Captain Cook must have dealt with a lot of "----", yet none of the classic or modern travel writers have ever touched on the subject. If it isn’t from lack of public interest it must be due to a taboo that I am about to break here

During one of my first travels I met a young British couple in Thailand. They had spent a year touring India and recounted to me fantastic tales. Somehow our discussion moved toward the subject of daily necessities. Shocked and horrified, I listened to this charming woman saying, "Now I’m so used to using my left hand that I don’t want to use toilet paper anymore. You feel so much cleaner with water." Even though more than half of the world population has never used any toilet paper, my upbringing and narrow mindedness forbade me from accepting that she could be right.

My subsequent travels have taken me through various places around the world. I have learned that a taboo in one culture is a norm in another, just as a culinary delicacy in one country is considered inedible somewhere else. While it is natural that we all think differently, we usually are strongly influenced by the education we receive and the social habits we are taught. This early bias, or coloring of thought, makes it is hard, if not impossible, to judge the good from the bad. With enough exposure eventually the world traveler comes to the realization that no one culture is definitively right or wrong, just that they are different. Sometimes you wonder which is more absurd, the hang-ups we have developed or the habits that offend us.

Education starts at an early age. In Nepal the Sherpa children are dressed in pants with the crotch seam left unsewn. When kids stand up the pants are naturally closed. When they squat down they automatically split open and the young child doesn’t need any help. Of course Sherpa children spend most of their time outside and house floors are made of packed earth that are easier to clean than a Persian carpet. In modern countries toddlers benefit from the latest technological research in the field of diapers. The most recent products ensure a nice hermetic seal that lets the toddler stew in its own excretion for hours. Which is cleaner I wonder? Westerners have gone a long way in order to hide these small natural disasters for as long as possible. Perhaps we develop a phobia of feces as a reaction to the experiences we undergo at an early age. It’s understandable that after sitting and playing in one’s own waste daily for years as babies, the same adults develop a hypersensitivity to the matter. This would also explain the use of scented three ply toilet paper and I wouldn’t be surprised to find a new five ply with tropical fruit scent in the twenty first century.

As little puppies grow up, they are trained to be clean; people too are trained to "hold it" until they reach a special place. For some people it is a hygienic bathroom with a toilet, for others it may be a place that does not always appear clean to the eyes of outsiders. In small Indonesian fishing villages, a narrow dock over the sea takes you to a small space surrounded by boards. When you look down, crabs and fish are all waiting to be fed. On the side you notice some old coconut shells. Although I have never tried the coconut shells, I can imagine that it would be similar to using sandpaper. In China you squat down in a communal room over a tube from which a strange snorting sound comes out. A closer examination reveals to you the moving snout of a pig impatiently waiting at the other end. In African villages vultures pick the streets clean. The precocious birds can sometimes come too close to your hind flesh before you have even finished with your business. If you take a taxi through the poorest part of Katmandu, the capital of Nepal, you will be blessed with the sight of dozens of butts squatting over the ditch by the road.

In other places people use stones, sometimes leaves from various plants, but most people still use water. Toilet Paper, commonly referred to as TP, is a modern invention that is always evolving. You can choose from single, double, or triple ply with a full array of colors, patterns, and softness. Scents vary from rose to violet. I’m not sure if such large selection is supposed to make you feel better or if it is just to match your mood of the day, but maybe it should be marketed in Latin America. There, TP is commonly used, but the toilet plumbing can’t handle the paper so you are provided with a small plastic garbage container in which you dump the used paper for the visual and olfactory pleasure of your successor. Of course TP also needs to be disposed of, and you may find that you need to remind your hotel host a few times. All the above makes me think that after all maybe the British lady wasn’t entirely wrong.

Sometimes a person’s dedication to the use of toilet paper can be taken to extremes. The most absurd thing I’ve seen on the subject took place a few years ago in San Francisco. I was jogging early on a winter morning when I saw an old lady walking her little poodle that was dressed in a hand woven wool jacket. After the dog defecated on the sidewalk the lady picked her dog up under one arm and opened her handbag. I expected her like all good Americans to pull out a Ziploc bag and clean up. Instead she pulled out some tissue, lifted the tail and very thoroughly wiped her dog. She repeated the operation two more times, put the dog back on its feet and nonchalantly threw the used tissues on the street before resuming her morning walk. Shocked, I stood there staring and wondering if she had made that dog the cleanest or the dirtiest in San Francisco.

Modern toilets, most notably public ones, are built with complex specifications. In the USA, thin disposable paper seat covers were recently replaced by rotating plastic wrapping operated by an electrical engine and a conveniently positioned button. People don’t have to touch anything that has ever been touched by another human being before. In France, public pay-toilets are self-cleaning. Make sure you get out quickly after you close the door a second time or you might be disinfected and cleaned up yourself. When you close the door after use, in addition to standard flushing, the full cabin is washed with pressure jets. If you happen upon the strong smell of urine in a Paris subway, don’t worry it isn’t a leak from the modern toilets. The homeless simply can’t afford to pay the fees.

Japanese public toilets show the technology at its best and their use is free. The seats are heated in cold areas. Toilets come with a full console. You have to read Japanese to make sense of all the possibilities or you could have fun experimenting a little on your own. One of the most utilized features is the sound track. At the push of a button, a flushing sound conveniently covers the sound of your excretions. This feature is important, without it people might know what your business it all about.

It seems like the more modern the country, the more self-conscious its people are about the most natural thing.

This hypersensitivity is linked to education and social habits and it isn’t easy to set aside. When you travel, sometimes things happen that will shake the most unflappable person. On a solo trek into the wilderness of Irian Jaya, with my long beard, I was more of a novelty to the small Papuans than they were to me. Adorned with boar tusks through their noses and dressed in nothing but their penis gourds and grass skirts, they followed every move I made. I ate and went to sleep under the gaze of hundreds of eyes. After a couple of weeks I got used to it but once I was in a village where nobody spoke a word of Indonesian. Half of the village was following me so closely that I had begun to feel claustrophobic. When nature called, I tried to communicate my desire to be left alone but nothing worked. After trying to escape for an hour I resigned myself to squatting behind a small bush with all the people surrounding me to see if excrement from the white giant were similar to theirs. I remembered feeling humiliated, but at least I wasn’t sick. Maybe it would have destroyed their image of a strong bearded spirit. Dani and Yali people believe that a man with a long beard is a great spirit as very few of them are able to grow long facial hair.

Being sick is another issue most travelers worry about, and for good reason, as most of us get sick eventually. It varies from a little diarrhea to bloody or watery dysentery. In Katmandu I lost twenty pounds in two weeks. Another time in Indonesia, my self-consciousness was pushed beyond its limit. I was on a local bus crossing the long island of Flores driving through terrible roads. The bus was hours late. I was sitting in the last row, holding my stomach as best as I could. Cramps became unbearable and when I felt like I couldn’t hold any longer, I discretely told my neighbor to immediately stop the bus. His response wasn’t the one I was hoping for. From the rear he screamed loudly to the driver, "Hey the tourist is sick, stop the bus." Before the driver could even touch the brake, the fifty heads were turned back and staring at me. The bus stopped, the rear door opened, and I wasn’t able to go farther than two steps before abandoning all decorum and going right on the road. All the people came out of the bus to urinate, forming a half circle all around me as I was relieving myself. To me it was another shameful experience, but to them it didn’t seem to be anything out of the ordinary. I was learning to fight my hang-ups the hard way.

These experiences don’t always happen in front of perfect strangers. More recently when my expedition partner Luke and I were paddling from the border of Belize to Guatemala, I had to hastily throw myself in the water three times. Because we were paddling through a storm on rough seas, I needed Luke’s help to stabilize my kayak while I was holding on to it with one hand from the water. Do you think I asked him for some toilet paper?

To better understand the sanitary conditions of a long expedition, one needs to have a better understanding of multi-cultural differences. What you need to pack depends on your needs and ability to adapt. You might want to trade some TP for insect repellent. Sometimes when nature calls, you have to expose some flesh to painful bites.

One day you might run out of paper or your TP might be wet. You might be forced into trying something you would have never considered otherwise. You might realize that you were wrong about one of the most natural things. You may even come to the conclusion that the British lady was right. WATER IS JUST MUCH CLEANER.

Jean-Philippe Soule


 

Volunteer               Sponsor a Project               Native Planet Member Section

 

Return to Native Planet